Un chiffre froid, implacable : chaque année en France, des centaines d’accidents de la route sont directement liés à un état de santé incompatible avec la conduite. La loi ne laisse aucune place au hasard. Toute personne dont la santé met en danger sa sécurité ou celle des autres doit s’abstenir de prendre le volant. Même une pathologie stabilisée, si elle figure parmi celles listées par les autorités, doit être déclarée sous peine de lourdes conséquences. Le médecin, quant à lui, se retrouve parfois obligé de signaler à la préfecture une inaptitude temporaire ou définitive. Ne pas respecter ces règles, c’est risquer la suppression du permis, voire des poursuites pénales en cas d’accident. Les pathologies concernées ? Neurologie, cardiologie, psychiatrie : la liste est longue et sans appel.
Conduite et santé : pourquoi certaines maladies posent problème
Piloter une voiture réclame une vigilance de tous les instants, des réflexes aiguisés, une coordination irréprochable. Certaines maladies viennent pourtant bouleverser ces aptitudes, transformant un trajet anodin en parcours accidenté. Le code de la route impose un cadre strict : une liste officielle de pathologies incompatibles, fondée sur l’avis de médecins agréés, balise bien les interdits.
Imaginez la brutalité d’un malaise, d’un trouble soudain de l’attention, ou d’une perte de repère : autant de situations caractérisant des troubles neurologiques, psychiatriques ou cardiovasculaires, qui peuvent transformer la moindre erreur en accident. D’autres risques existent : hypoglycémie sévère, médicaments qui endorment, ou substances altérant la perception. À chaque fois, la maîtrise du véhicule peut devenir un leurre.
Dès lors, signaler une pathologie lorsqu’elle figure parmi celles surveillées n’est pas laissé au choix personnel. Que ce soit lors d’un contrôle pour certains permis ou à la suite d’un signalement, la visite médicale évalue concrètement le niveau d’aptitude à conduire. Responsabilité partagée : le médecin a un rôle central, mais c’est aussi au conducteur d’assumer sa déclaration. En cas d’avis médical négatif, la suspension ou la suppression du permis tombe, pour garantir la sécurité collective.
Le contrôle médical se renforce à mesure que la réglementation évolue. Chaque usager de la route entre ainsi dans le champ de cette vigilance. Prendre le volant va bien au-delà d’un simple rituel, cela engage la vie de chacun sur le bitume, mais aussi celle du voisin de voie.
Les principales pathologies reconnues comme incompatibles avec la conduite
La sécurité routière ne transige pas : certaines maladies, précisément identifiées, interdisent la conduite pour préserver la vie des usagers. Les troubles neurologiques figurent en tête de liste. La maladie d’Alzheimer, dès son troisième stade sur l’échelle de Reisberg, nuit profondément à la mémoire et au discernement. Après un AVC, il n’est pas rare que des séquelles motrices ou des troubles cognitifs rendent tout simplement impossible la réactivité attendue face à l’imprévu.
Les affections cardiaques majeures, comme les troubles graves du rythme ou une insuffisance cardiaque avancée, sont traitées avec la même sévérité. Pour le diabète, c’est le danger d’une hypoglycémie survenant sans prévenir, surtout si elle impose l’intervention d’un tiers, qui pose de vraies limites au volant, en particulier lorsque les traitements provoquent des fluctuations importantes.
L’impact de l’alcool et des drogues, quant à lui, ne souffre d’aucune exception. Un seul épisode de conduite sous influence suffit à disqualifier l’aptitude. Les baisses notables de vision ou les handicaps moteurs sévères, également, placent leurs détenteurs dans l’incapacité de réagir efficacement en circulation.
Les catégories de pathologies généralement surveillées pour leur incompatibilité avec la conduite se répartissent comme suit :
- troubles neurologiques (Alzheimer, séquelles d’AVC)
- affections cardiaques majeures
- diabète compliqué par le traitement
- dépendances à l’alcool ou aux stupéfiants
- déficits sensoriels marqués (vue, audition)
- handicaps moteurs importants
Ce recensement s’ajuste au fil des recherches et des évolutions médicales. À la moindre alerte durable, il reste avisé de discuter de sa situation avec un professionnel de santé avant de prendre place derrière le volant.
Comment savoir si l’on est concerné par une inaptitude médicale à conduire ?
Des doutes sur sa capacité à conduire méritent toujours d’être levés. Si la vue baisse franchement, si les malaises se multiplient, si certains médicaments entraînent des effets secondaires notables ou si des troubles cognitifs font irruption, alors la conduite peut devenir à risque.
Plusieurs catégories de conducteurs sont soumises à un contrôle médical : cela concerne notamment le renouvellement du permis pour certaines professions (transports en commun, poids lourds) ou en cas de maladie détectée. L’évaluation, menée par un médecin agréé, peut aller jusqu’à proposer des tests psychotechniques pour jauger la vigilance, la rapidité de réponse face à l’imprévu, la coordination générale.
Quels motifs doivent conduire à consulter ?
Voici pourquoi il peut être nécessaire de demander rapidement un avis médical :
- évolution notable ou aggravation d’une maladie chronique ;
- prise de traitements affectant l’attention ou la vigilance ;
- antécédents d’AVC ou de malaise inexpliqué ;
- dégradation importante de la vision ou de l’audition ;
- signalement par un membre de l’entourage inquiet de la conduite observée.
Dans certains cas, un simple avis du médecin traitant ne suffit plus. La commission médicale départementale peut être saisie directement par le conducteur, l’administration ou un professionnel de santé. Elle vérifie alors l’ensemble du dossier médical et propose, si besoin, des examens complémentaires, pour aboutir à une décision claire sur l’aptitude à la conduite.
Vers qui se tourner en cas de doute ou de question sur son aptitude à la conduite
Le réflexe premier, face à des interrogations sur sa santé et la conduite, reste le recours à son médecin traitant. Parce qu’il connaît le suivi, l’historique des pathologies et le détail des traitements, il apporte un premier éclairage fiable. S’il le juge nécessaire, il oriente vers un confrère spécialiste.
Parfois, la situation nécessite une évaluation plus poussée. Les commissions médicales départementales interviennent alors, notamment après un AVC, lors de l’apparition de troubles chroniques ou dès qu’un doute persiste à la suite d’un signalement. Composées de médecins agréés, elles s’appuient sur le dossier complet, les bilans et les constats cliniques pour décider en toute rigueur.
Différents dispositifs existent pour informer sur les démarches ou contester une décision. En cas de refus d’aptitude, il est possible de demander un nouvel examen devant une commission d’appel, à la demande du conducteur.
Le dialogue avec les professionnels de santé reste le fil conducteur pour avancer sereinement et conduire en confiance, sans prise de risque ni zone d’ombre. Prendre le volant n’est jamais un acte anodin : chaque décision forge la sécurité de tous, sur chaque trajet, minute après minute.


