Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans pour toutes les générations, avec une condition de 150 trimestres d’assurance tous régimes confondus. Le décret n° 2025-681 du 23 juillet 2025 a posé ce nouveau cadre. Pour les salariés qui souhaitent réduire leur activité en 2026, la lettre de demande adressée à l’employeur doit intégrer ces paramètres récents, sous peine de retarder l’instruction du dossier.
Ce que le décret de juillet 2025 change dans la rédaction de la lettre
La plupart des modèles de lettre disponibles en ligne ont été rédigés avant la publication du décret n° 2025-681. Ils mentionnent encore l’ancien seuil d’âge de 62 ans ou restent flous sur la quotité de temps partiel à préciser.
Le nouveau cadre impose au salarié du privé de travailler entre 40 % et 80 % d’un temps complet. Pour les fonctionnaires, la fourchette est différente : entre 50 % et 90 %. Cette distinction doit apparaître clairement dans le courrier, car elle conditionne le calcul de la fraction de pension versée pendant la période de retraite progressive.
Citer le décret dans le corps de la lettre n’est pas une obligation légale, mais cela signale à l’employeur que la demande s’inscrit dans le cadre réglementaire en vigueur. Une formulation sobre suffit : « conformément aux dispositions du décret n° 2025-681 du 23 juillet 2025 ».

Délai de réponse de l’employeur : un point à rappeler dans le courrier
L’employeur dispose désormais d’un délai de deux mois pour répondre à une demande de retraite progressive. Passé ce délai sans réponse, les conséquences varient selon le statut et la convention collective applicable.
Mentionner ce délai dans la lettre remplit deux fonctions. D’abord, cela montre que le salarié connaît ses droits. Ensuite, cela crée une trace écrite qui pourra servir de référence en cas de litige sur la date de prise d’effet du temps partiel.
La lettre doit impérativement être envoyée par recommandé avec accusé de réception. Une remise en main propre contre décharge reste une alternative, mais le recommandé offre une preuve de date plus difficilement contestable.
Modèle de lettre de demande de retraite progressive adapté à 2026
Le courrier ci-dessous intègre les éléments réglementaires actualisés. Chaque passage entre crochets doit être remplacé par les informations personnelles du salarié.
Contenu type de la lettre
[Prénom Nom]
[Adresse]
[Code postal – Ville]
[Nom de l’employeur ou du responsable RH]
[Dénomination de l’entreprise]
[Adresse de l’entreprise]
À [Ville], le [Date]
Objet : Demande de retraite progressive
Madame, Monsieur,
Salarié(e) de [nom de l’entreprise] depuis le [date d’embauche], occupant le poste de [intitulé du poste], je souhaite bénéficier du dispositif de retraite progressive conformément aux dispositions du décret n° 2025-681 du 23 juillet 2025.
Remplissant les conditions d’âge (60 ans au [date]) et de durée d’assurance (150 trimestres tous régimes confondus), je vous demande d’organiser le passage de mon contrat de travail à temps partiel, à hauteur de [préciser la quotité, entre 40 % et 80 %] d’un temps complet, à compter du [date souhaitée].
Je vous rappelle que, conformément à la réglementation en vigueur, vous disposez d’un délai de deux mois à compter de la réception de ce courrier pour me notifier votre réponse.
Je me tiens à votre disposition pour convenir des modalités pratiques de cette transition. Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
Documents à joindre à la demande
La lettre seule ne suffit pas toujours. Selon les pratiques internes de l’entreprise et les exigences de la caisse de retraite, plusieurs pièces peuvent être demandées :
- Un relevé de carrière récent (disponible sur le compte personnel du site Info Retraite) attestant des 150 trimestres requis
- Une copie du contrat de travail en cours, pour faciliter la rédaction de l’avenant au contrat à temps partiel
- Le formulaire de demande de retraite progressive auprès de la caisse de retraite compétente, si la démarche employeur et la démarche caisse sont menées en parallèle
Retraite progressive et impact sur la pension définitive : ce que la lettre ne règle pas
Rédiger la lettre à l’employeur n’est qu’une face de la démarche. La fraction de pension versée pendant la période de retraite progressive est calculée en fonction de la quotité de temps partiel choisie. Plus la réduction du temps de travail est importante, plus la fraction de pension provisoire augmente, mais les trimestres cotisés sur cette période pèsent moins lourd.
Plusieurs retours terrain signalent un piège fréquent : choisir une quotité très basse (proche de 40 %) pour augmenter la pension provisoire, sans mesurer l’effet sur le montant de la pension définitive au moment de la liquidation complète. Les données disponibles ne permettent pas de fixer une règle universelle, car l’impact dépend du nombre de trimestres restant à valider et du salaire de référence.
Avant de fixer la quotité dans la lettre, une simulation sur le site Info Retraite ou auprès de la caisse compétente reste la précaution la plus fiable.

Préavis et articulation avec le passage à temps partiel
La demande de retraite progressive ne se confond pas avec une lettre de départ définitif à la retraite. Aucun préavis de départ ne court à la réception de ce courrier, puisque le contrat de travail n’est pas rompu : il est transformé en contrat à temps partiel par avenant.
En revanche, le salarié doit anticiper le délai de deux mois de réponse de l’employeur, puis le temps nécessaire à la rédaction et à la signature de l’avenant. Dans la pratique, un envoi de la lettre au moins trois mois avant la date souhaitée de passage à temps partiel limite le risque de décalage.
Au moment de quitter définitivement l’activité, une seconde lettre sera nécessaire : la notification de départ à la retraite proprement dite, soumise cette fois aux règles classiques de préavis liées à l’ancienneté et à la convention collective.
La confusion entre ces deux courriers (demande de retraite progressive et notification de départ définitif) reste l’une des erreurs les plus courantes. Les regrouper dans un même envoi expose le salarié à une interprétation ambiguë de sa volonté par l’employeur.
